L’individualisme connecté

Le mythe du village planétaire

Seul au milieu des autres

L’individu en ligne existe, s’il est besoin de le rappeler, à travers les autres. Au sein de ces communautés en ligne, il lui devient possible de se construire. Chacun des membres de la communauté évolue (identitairement) aisément grâce à ces outils d’hyper-connexion.

Incontournable parallèle, Alexis de Tocqueville (1840) identifiait la construction de l’individu par ces connexions. Dans le contexte des démocraties occidentales, mues par le libéralisme, il y identifiait en conséquence, la naissance de l’individualisme ainsi que l’auto construction d’une société propre, définie par les connexions de l’individu.

« L’individualisme est un sentiment réfléchi et paisible qui dispose chaque citoyen à s’isoler de la masse de ses semblables et à se retirer à l’écart avec sa famille et ses amis ; de telle sorte que, après s’être créé une petite société à son usage, il abandonne volontiers la grande société à elle-même ». La communauté est le fruit de l’individualisme.

C’est ce que montrait également Philippe Breton dans son discours « à propos du monde solaire d’Asimov » en redéfinissant ces causes de l’individualisme dans la société. Elles furent souvent prêtées à la naissance d’Internet. L’auteur explique cette erreur d’attribution, aux croyances et à la dimension quasi religieuse qu’ont pu porter les nouvelles technologies de la communication dans les pays libéraux et notamment nord-américain.

En effet, l’individualisme n’est pas un fait nouveau. Internet est un lieu facilitant la mondialisation. Philippe Breton va ainsi jusqu’à redéfinir le concept de mondialisation, tuant le mythe du village planétaire que représentait Internet. « Dans un certain sens, une telle « société » devient une société mondiale, non pas parce que les échanges auraient lieu dans un même « village planétaire » mais parce que chacun deviendrait à lui-même son propre monde. Voilà peut-être le sens le plus approprié qu’il faut donner aujourd’hui à la notion de mondialisation. ».

Défendons-nous donc de penser que l’individualisme, ou l’attrait communautaire ait un lien avec Internet, du moins pour son apparition. Mais, dans ce contexte de l’essor des réseaux en ligne amené par les TIC et de l’hyper connexion, qu’il est possible de qualifier comme facilitateur communautaire, l’individualisme croît.

Dès lors, et sans aller jusqu’à penser que les technologies de l’information, en développant l’individualisme, tuent le lien social : « Difficile, sur un plan anthropologique, de s’imaginer vivre totalement seul ! », Philippe Breton propose plutôt de parler de « désynchronisation des activités sociales ». L’individu choisi ses temps de sociabilité, il contrôle ses « liens » sociaux en dehors de tout contact synchrone avec ces derniers.

Voici ce qu’est l’individu face aux réseaux sociaux en ligne. C’est donc l’individualisme qui est le moteur de cette création d’une multitude de communautés. L’individu est amené à créer ses liens en fonction de sa propre identité. Les individus se regroupent en fonction de leurs affinités communes.

Sources

6 réflexions au sujet de « L’individualisme connecté »

  1. cyril

    Défendons-nous donc de penser que l’individualisme, ou l’attrait communautaire ait un lien avec Internet, du moins pour son apparition. Mais, dans ce contexte de l’essor des réseaux en ligne amené par les TIC et de l’hyper connexion, qu’il est possible de qualifier comme facilitateur de communautaire, l’individualisme croît.

    « comme facilitateur communautaire » sans le « de »

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