Ces collectivités qui ne sont pas sur Facebook

Un jour, il faut enlever ses œillères

Un cheval avec des oeillères

Je vais faire un petit point sur les risques d’un non-engagement sur les médias sociaux et notamment sur Facebook autour de deux exemples.

Ne pas être présent sur les médias sociaux peut s’interpréter comme un non-respect d’une attente des citoyens. De plus en plus internautes aimeraient simplifier leurs relations avec les instances officielles. Ils se sont d’ores et déjà habitués à pouvoir questionner les entreprises directement sur le web.

D’un point de vue plus politique, c’est aussi laisser la place libre à la contestation et à l’opposition. Ce n’est pas parce que l’on n’est pas présent sur les médias sociaux que les internautes ne parlent pas de nous. Être présent est une façon de pouvoir répondre aux contestataires.

Se priver de pouvoir réagir rapidement, quand cela est nécessaire, c’est le risque de se couper de sa population, qui a pris des habitudes.

C’est ce que nous dit Marc Cervennansky, responsable de la communication en ligne de Saint-Quentin-en-Yvelines, dans son article « Du print au web : un autre rapport au temps » (je vous recommande chaudement sa lecture).

Voici donc l’exemple de deux conseils généraux qui ne sont pas présents sur Facebook et qui je pense, devraient s’y intéresser.

Un groupe peu flatteur pour la Mayenne

Un groupe peu flatteur pour l’image du département de la Mayenne. Il compte 217 membres, la photo du groupe est une bouse de vache et sa description stipule que ce groupe est « pour tous ceux qui pensent que la Mayenne est une petite contrée moyenne-âgeuse ».

L’autre exemple est celui de la Seine-Maritime, où l’on découvre un groupe plus sérieux qui s’attaque directement à une action entreprise par le Président du conseil général.

Un groupe Facebook s'en prend au conseil général de Seine-Maritime

Ce groupe nommé « Le département de Seine-Maritime vous désinforme » possède également 127 membres.

J’ignore si ces deux conseils généraux sont au courant de l’existence de ces groupes Facebook, mais il est clair que cela donne une image peu flatteuse de leur département.

Autre risque d’un non-engagement sur Facebook : une marginalisation vis-à-vis des autres conseils généraux présents sur Facebook. Plus le temps passe et plus il y a de chances pour que la plupart des conseils généraux soient sur Facebook. On a constaté précédemment que du mois de juin 2010 au mois d’août 2011 le nombre de conseils généraux présents sur Facebook est passé de 20 à 45, le chiffre a plus que doublé. Le fait de ne pas être présent sur Facebook rendra un conseil général marginal et dégagera une image à contre temps avec les pratiques et son époque.

Sources

8 réflexions au sujet de « Ces collectivités qui ne sont pas sur Facebook »

  1. Ping : Ces collectivités qui ne sont pas sur Facebook | Le blog de Jean-Daniel Boutet | Le monde est-il NET ? | Scoop.it

  2. Ducordeaux

    Je suis globalement d’accord sur le contenu de cet article et la présence nécessaire des institutions sur facebook. Je trouve néanmoins les exemples mal choisis : que le conseil général de la Mayenne ou de Seine Maritime soient sur facebook ou non, cela ne peut empêcher certains groupes de se constituer et de créer des pages « concurrentes ». La question est donc la suivante : comment les collectivités doivent-elles intervenir sur facebook ? Avoir un mur, c’est bien, et c’est plutôt facilement gérable. Mais comment exister et agir sur les murs qui parlent de nous ? C’est là toute la difficulté …

    Répondre
    1. Jean-Daniel Boutet Auteur de l’article

      Ce que j’essaye de mettre en lumière, c’est que ces deux conseils généraux peuvent contre-balancer l’impact de ces deux groupes en étant présent officiellement sur Facebook. Il s’agit de mieux occuper l’espace que les présences non-officielles. C’est une façon d’équilibrer les débats et d’être en capacité de réagir face aux critiques. J’ai peut-être pas assez développé ce point dans l’article.
      Grosso modo, ce que j’essaye de faire passer, c’est que le nombre de comptes Facebook en France représente 1/3 de la population française. Ceux qui taperont « Mayenne » dans le moteur de recherche de Facebook tomberont sur ce groupe et n’y trouveront pas la page officielle du département.

      Comment les collectivités doivent-elles intervenir sur Facebook ?

      En voilà une bonne question :)

      Un véritable engagement sur Facebook de la part d’une personne morale n’est quasiment pas possible. On vous « vend » la conversation horizontale et vous vous retrouvez avec un lieu de diffusion d’information linéaire, à parole unique. J’ai déjà écris quelque chose sur les limites de Facebook pour les collectivités. J’ai quelques ébauches de solutions en tête.

    2. Laurent Manier

      C’est exacte « être ou ne pas être sur Facebook » n’empêche pas la création de groupe et ne permet pas le contrôle de l’image. Nous n’avons pas de page FB pour notre collectivité, mais rien nous empêche de faire de la veille !
      Facebook n’apporte rien à mon sens à une collectivité, si ce n’est des ‘j’aime’ ou des critiques peu constructives. Quand les gens sont satisfaits, ils ne le font pas savoir généralement !
      Je trouve personnellement bien plus utile une page twitter ou un blog pour échanger de l’information et recueillir des données exploitables.
      A mon sens FB est un peu l’antichambre de la consommation et du capitalisme avec un modèle économique basé sur le recueil des données personnelles et la publicité, tout à fait à l’image que l’on se fait d’une collectivité.

    3. Jean-Daniel Boutet Auteur de l’article

      Oui un blog et un compte Twitter sont plus participatifs qu’une page Facebook. C’est une idée que j’essaye de défendre un peu partout sur ce blog.

      Il est très important de re-re-re-répéter que la veille est l’arme ultime…

      Par contre, sur le choix de ne pas être présents sur Facebook, je suis dubitatif face à ton propos. Peut-on sérieusement se passer d’1/3 de la population français, des 2/3 des internautes, de la moitié des 20-60 ans ?

      Sur la forme au moins, sur le fond c’est discutable, mais la forme peut servir au fond, surtout en ce moment avec les intempéries hivernales.

      Facebook est le réseau social le plus peuplé et pour faire un raccourci : Madame Michu est dessus, mais Madame Michu n’ira pas sur le blog d’une collectivité, ni sur Twitter.

      Un exemple intéressant : le conseil général de la Vienne : http://facebook.com/cgvienne

  3. Ping : Ces collectivités qui ne sont pas sur Facebook | Collectivités territoriales 2.0 | Scoop.it

  4. Ping : Ces collectivités qui ne sont pas sur Facebook | Communication publique et technologies innovantes | Scoop.it

  5. Ping : Les collectivités à l'assaut des médias sociaux | My Community Manager

Répondre à Ducordeaux Annuler la réponse.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>